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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 19:08

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Droit de vote des étrangers points de vue

Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice (PCF) des Hauts-de-Seine « Il faut faire  ce qui a été dit » 

« Il s’agit d’une question fondamentale de démocratie, de justice et de cohésion sociale. Il faut faire ce qui a été dit. Il faut faire le pari de la conviction, gagner les consciences. Si nous prenons aujourd’hui la décision d’un nouvel élan pour favoriser le débat démocratique, si nous décidons partout d’élever des lieux de débat, petits, moyens, grands, quelle avancée déjà pour la démocratie ! Entendre ces femmes et ces hommes dans les quartiers qui n’ont pas le droit de vote, mais aussi ceux qui l’ont et ont décidé de ne pas l’utiliser serait de nature à faire évoluer les termes de cette Ve République, qui ne correspond plus au besoin démocratique que nous avons aujourd’hui. »

Esther Benbassa, sénatrice (EE-LV) du Val-de-Marne « Il faut mener  le débat politique »

« Notre pays est gouverné sous le diktat de la droite et je crains que l’exécutif ne renonce à la promesse de François Hollande de donner le droit de vote aux résidents non communautaires, aux élections locales. Pourtant, ce droit de vote ferait grandir la cohésion sociale. Ce geste démocratique fort ferait reculer l’abstention chez ces jeunes dont les parents n’ont pas, aujourd’hui, le droit de vote. Les Français n’y sont pas opposés malgré les campagnes de la droite. Encore faut-il mener le débat politique. L’exécutif est en train de perdre la confiance du peuple de gauche par ses renoncements. Pour ma part, je continuerai d’agir pour ce droit. »

Alexis Bachelay, Député (PS) des Hauts-de-Seine « Une réponse à un déficit démocratique » 

C’est une réforme emblématique qui est souvent agitée lors des campagnes électorales, mais il faut rappeler ce sur quoi elle est fondée. C’est d’abord une réponse à un réel déficit démocratique qui s’aggrave au point de devenir une fracture civique quand de nombreux citoyens font le choix de ne plus voter, ou de voter pour des partis politiques qui se situent en dehors du champ républicain. Si le droit de vote des résidents extracommunautaires ne répond pas à elle seule aux déséquilibres de notre système démocratique, elle peut quand même y contribuer. Entreprendre de modifier la Constitution sans intégrer cet élargissement des droits fait perdre du crédit à tout le reste.

Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT, en charge des questions des sans papiers, notamment dans le collectif Droit de vote pour tous les résidents étrangers dès 2014. « C’est une question  de démocratie sociale»  

C’est grave que ce droit de vote ne soit pas intégré dans la révision constitutionnelle. C’était l’une des propositions de François Hollande et une majorité de Français a voté pour ce programme. A la CGT, nous avions clairement appelé à battre Sarkozy. Le gouvernement doit arrêter de faire plaisir à la droite ou à l’extrême droite. Les étrangers peuvent déjà voter aux élections professionnelles dans les entreprises. Ce sont des travailleurs, ils payent leurs impôts, ils doivent pouvoir agir sur les affaires de la cité ! Leur donner ce droit de vote, c’est une question de démocratie sociale. Nous continuerons à nous battre pour ce droit. notamment dans le collectif Droit de vote pour tous les résidents étrangers dès 2014.

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 10:46

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L'Observatoire du stress met en garde contre les risques psycho-sociaux que pourraient générer certaines mesures du projet de loi relatif à la sécurisation de l'emploi. L’association pointe par ailleurs que la version finale est sur certains points encore plus défavorable aux salariés que la première version proposée par le MEDEF le 14 Novembre 2012.

"Notre expérience du fonctionnement réel des entreprises nous a conduits à identifier dans le texte quatre risques majeurs pour la santé des travailleurs les plus fragiles et les plus précaires", écrit l'Observatoire dans une lettre adressée au gouvernement et aux parlementaires.

La première critique (article 10) porte sur "l'absence de limites à la mobilité géographique des salariés". Le texte, qui sera examiné à l'Assemblée à partir du 2 avril, ne "fixe plus de borne à la mobilité, ne protège plus les travailleurs les plus précaires contre des mobilités qu'ils n'ont pas les moyens de suivre", a déploré Pierre Morville (CFE-CGC), l'un des fondateurs de l'Observatoire. "Les résultats sont connus de tous, c'est la +liquidation+ de 5 à 10% des travailleurs à chaque réorganisation et la destruction des vies professionnelles, familiales et personnelles de milliers de foyers, allant jusqu'au suicide".

La question de la mobilité

Quant à l'article 3 de la loi, la mobilité dite "volontaire et sécurisée", c'est une mesure "qui a été mise en place à France Télécom pendant plusieurs années pour pousser les seniors hors de l'entreprise", explique l'Observatoire dans son courrier. Et l’association en sait quelque chose, puisqu’elle a été lancée en 2007 par des syndicats de France Télécom en réaction au vaste plan de restructuration (22.000 postes supprimés en trois ans). Elle s'est depuis élargie à d'autres grandes entreprises.
"Les salariés ont été humiliés et harcelés jusqu'à accepter cette mobilité sous n'importe quel prétexte, avec 90% de chances de retour dans une situation bien pire qu'au départ, la mise au placard étant la plus douce des issues qui leur soient imposées", a commenté M. Morville. L'Observatoire demande la suppression totale de cet article "pour éviter les drames et les suicides à venir".

L’association pointe d’ailleurs qu’à ce sujet de la mobilité, le premier texte du Medef était moins défavorable que l’accord finalement retenu. Le patronat proposait en novembre 2012 la limite à la mobilité forcée contenue dans le droit du travail, c'est-à-dire de 30 kilomètres maximum et 1 H de déplacement entre domicile et travail. Cette limitation a sauté. « Désormais la zone géographique de l’emploi et les limites de la mobilité sont soumises à la dérogation d’accords (minoritaires) d’entreprise. Il suffit que Renault définisse la France pour zone géographique et trouve trois syndicats minoritaires pour signer, et le tour est joué » explique l’observatoire.  

Craintes sur le rôle du CHSCT

L'Observatoire dénonce également la remise en cause des Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) en "inventant un nouveau comité pluridisciplinaire, organisé par l'employeur et dont l'avis peut se substituer à celui des CHSCT". A France Télécom, "l’une des causes déterminantes de l’explosion des risques psycho-sociaux et des suicides était le refus de l'employeur de prendre en compte les analyses et alertes remontées par les CHCST", signale l'Observatoire.
"De même l'imprévisibilité du planning professionnel maintenue par ce projet de loi a des conséquences dramatiques sur l'équilibre des temps de vie des travailleurs à temps partiel". 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 12:09

Communiqué de la CGT du jeudi 14 mars 2013

L’ultime réunion de négociations s’est tenue le mercredi 13 mars 2013.
Le projet d’accord présenté par la délégation patronale marque une évolution qui montre que le front syndical uni a permis de faire bouger les lignes.
Ainsi, ce projet contient une augmentation des cotisations contractuelles.
Bien que modeste, + 0,1 point en 2014 et + 0,1 point en 2015, cette augmentation devrait permettre une amélioration de la situation financière des régimes tout en améliorant les droits futurs des cotisants.

Cette mesure reste néanmoins insuffisante. Elle ne permettra pas de financer les régimes à la hauteur des besoins, compte tenu de l’augmentation du nombre des retraités. D’autre part, on aurait pu y adjoindre la mise en place d’une modulation des taux de cotisations, pour la part dite « patronale », tenant compte de la situation des entreprises. Celles réalisant des profits importants pourraient contribuer plus que celles qui consacrent une majeure partie de leur valeur ajoutée aux salaires. La modulation tiendrait également compte des politiques d’emplois et de salaire des entreprises. Celles privilégiant bas salaires et précarité verraient leurs cotisations majorées.

Pour la CGT, un point particulièrement négatif demeure. La partie patronale a maintenu la sous-indexation des valeurs de service des points Arrco et Agirc, c’est-à-dire une revalorisation inférieure de 1 point à l’inflation pendant 3 ans (un peu moins la première année pour l’Arrco). La CGT a souligné, dès le début de ces négociations, que cette disposition aurait des conséquences extrêmement néfastes pour les retraités actuels en termes de pouvoir d’achat, mais également pour les retraités futurs. En effet, les valeurs de service du point sont également utilisées pour le calcul des pensions lors du départ en retraite.

Cela apparaît d’autant plus dangereux que le gouvernement n’a pas caché qu’il reprendrait à son compte, si un tel accord était signé, le même type de mesure. Elle serait ainsi étendue à tous les régimes. Si le pouvoir d’achat des retraités était attaqué de la sorte, cela conduirait immanquablement à une détérioration des conditions de vie de plusieurs millions de retraités. De surcroît, cela ne pourrait qu’aggraver la situation économique du pays.

Le texte est maintenant soumis à signature et la délégation CGT va donc faire part de son analyse et de son appréciation à ses instances qui auront à décider de la position de la Confédération.

Montreuil, le 14 mars 2013

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:58

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A l'occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, le PCF se mobilise et lutte pour faire avancer les droits des femmes et l'égalité entre les femmes et les hommes partout dans le monde.

Le 8 mars est une journée emblématique des combats des femmes pour faire reculer les discriminations, les dominations. C'est le rendez-vous des femmes du monde entier qui luttent pour le respect de leurs droits. Dans le monde trop de femmes vivent encore sous les contraintes, parfois même jusqu'à en mourir.

Le Ministère des droits des femmes, pour lequel le PCF s'est battu, doit, avec le gouvernement de gauche, entendre les voix populaires, celles des hommes et des femmes qui veulent écrire une nouvelle page dont le fil conducteur est l'égalité : l'égalité professionnelle, le droit à la santé pour toutes et tous, l'éradication des violences faites aux femmes...

Le PCF exige que les conditions soient créées pour l'adoption de la loi cadre, comportant des mesures de prévention, d'éducation et de sanctions avec les moyens humains et financiers pour leur mise en œuvre.

Vendredi 8 mars à Paris

Manifestation à l'occasion de la journée mondiale pour les droits des femmes. Départ 18h30, place Stalingrad pour se diriger vers la Bastille. 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 08:51

chavez

 

 Hugo Chavez est mort ce mardi à l'âge de 58 ans des suites de complications respiratoires. Chroniqueur de l'actualité vénézuélienne pour l'Humanité.fr, l'universitaire Jean Ortiz revient sur la vie du président de la république bolivarienne du Venezuela.

Un phare s'est éteint. Comme Bolivar lors de son serment de Rome, à 20 ans, dès le départ, Chavez s'est engagé à consacrer sa vie à améliorer le sort de ses concitoyens. Il se réclamait de lui, et était l'une des consciences de l'Amérique des peuples. Je me souviens que, lors de sa première visite à Cuba, en décembre 1994, il avait déclaré à l'université : "Un jour, nous espérons venir à Cuba les bras ouverts, et pour construire ensemble un projet révolutionnaire latino-américain". Il annonçait une "ère d'éveils". Soldat rebelle, il avait créé le Mouvement bolivarien avec une vision à long terme pour rompre avec le bipartisme répressif et corrompu, inféodé aux Etats-Unis, de la IV République. Chavez avait une obsession : que le Venezuela soit désormais une vraie patrie, une nation souveraine, indépendante.

Socialisme endogène

Depuis sa première élection en 1998, il s'est "radicalisé", et a, par contrecoup, contribué à politiser profondément un peuple combattif, avançant un projet anticapitaliste, sans doute le plus radical au monde depuis la chute du Mur de Berlin. Le chavisme ne relève pas du culte de la personnalité, mais bien d'une création collective permanente, pour sortir du néolibéralisme par la voie électorale, démocratique, pacifique, et aller vers un socialisme endogène, participatif, un pouvoir populaire: des "communes socialistes", des Conseils communaux...

Chavez était le fédérateur, le moteur, le centre de gravité d'un mouvement populaire pluriel, traversé de différents courants progressistes. Le peuple l'aimait parce qu'il avait changé la vie de millions de parias, parce qu'il avait du panache et du courage. Lors de la rébellion militaire de 1992, dont il fut l'instigateur, il alla au bout de la démarche. Emprisonné, il mit au point une stratégie de rassemblement qui cette fois-ci réussirait. C'est le peuple des "ranchitos" (bidonvilles) qui descendit sur Caracas pour faire échec au coup d'Etat de 2002, et sauver son président.

Exemple possible

Chavez a fait du Venezuela un pays central pour toutes les gauches latino-américaines, et un exemple d'alternatives possibles pour les gauches du monde entier. Il eut l'audace de réhabiliter dès 2004-2005 le mot et le concept de "socialisme". Un lien émotionnel, affectif, très fort, unissait Hugo Chavez et les Vénézuéliens "d'en bas". Il était comme eux. Le petit vendeur des rues, devenu président, tenait ses promesses, lui, le "zambo" de Sabaneta, le métis de Noir et d'Indien, qui aimait chanter des chansons de son "llano" (plaine). J'ai pu mesurer dans les beaux quartiers, la haine de classe et de race que lui vouait la bourgeoisie. S'il se réclamait de Bolivar, ce n'était pas par opportunisme; il donnait un sens nouveau au message bolivarien, à la doctrine politique du Libertador.

Populisme

On l'accusait intentionnellement de "populisme", ce concept crapuleux et attrape-tout destiné à discréditer la révolution bolivarienne. Une analyse sérieuse du bilan de Chavez, des rapports sociaux, de sa pratique, des changements concrets, contredit cette allégation malveillante. Chavez était l'homme de l'intégration continentale, son fer de lance. Pour la première fois depuis les Indépendances, l'Amérique du Sud vit une véritable communauté de valeurs, dans un monde à présent multipolaire. Chavez en a été le principal artisan. De 1999 à 2008, il multiplia par 3 les dépenses publiques par habitants, fit reculer de 50% la pauvreté, instaura la santé et l'éducation gratuites, créa l'ALBA contre les accords de libre-échange, contribua à la naissance de la CELAC, sans les Etats-Unis, isolés désormais à l'échelle continentale. Voilà pourquoi cet homme d'une grande stature, d'une profonde humanité, fut l'un des plus haïs, diabolisés par l'ensemble des médias internationaux, par toutes les bourgeoisies, et les fausses gauches.

Marx et Jésus

Chavez croyait en Marx et en Jésus, authentiquement. Grâce à lui, les Vénézuéliens ont bénéficié de nombreuses "missions sociales". L'une d'elles consiste à opérer gratuitement de la cataracte, elle s'appelle "Mission Miracle". Le miracle de Chavez, c'est d'être devenu un Chavez collectif, un "Chavez-peuple". Il y a des morts qui ne meurent jamais.

 

Jean Ortiz

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:20

Pas de transcription dans la loi de l'accord minoritaire du 11 janvier :

Le conseil des ministres du mercredi 6 mars examinera le projet de loi qui transcrit fidèlement cet accord, inspiré par le MEEF et signé par des organisations représentant seulement 38 % des salariés. Cela constituerait une profonde régression sociale !

La gauche a vocation à défendre les intérêts des salariés pas à casser le code du travail !

Ne laissons pas faire ce mauvais coup !

Mardi, la CGT et FO, rejointes par la FSU et Solidaires, le syndicat de la magistrature et un syndicat d'avocats   appellent à une journée d'action contre l'accord national interprofessionnel (ANI) dit de sécurisation de l'emploi et sa transposition en un projet de loi, qui faciliterait les licenciements.

Le Front de gauche de Boulogne-Billancourt vous appelle  à participer

nombreuses et nombreux à cette manifestation

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Manifestation à Paris CHATELET-Concorde -

départ collectif de Boulogne

Rendez-vous 13 h 30 M° Marcel Sembat devant le KFC

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 19:35

 

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Une première marche a été franchie et elle est un signe d’espoir pour de très nombreux militants qui attendaient ce vote. La proposition de loi du Front de gauche visant à amnistier les faits commis lors de mouvements sociaux et revendicatifs a été adoptée hier au Sénat à l’issue de son examen en séance publique.

C’est une première victoire pour les luttes sociales et associatives. Cette amnistie arrachée au Medef qui hurle déjà à la mort, est un point d'appui pour gagner, toujours en lien avec les militants syndicalistes et associatifs, un élargissement de la loi dans les prochaines semaines.

Enfin, après des années de criminalisation de l'action syndicale, des personnes qui n’ont fait que se battre pour le respect de leur droit pourront reconquérir cette dignité largement piétinée. Après le vote pour le mariage pour tous, c’est une nouvelle démonstration. Quand la gauche travaille et se rassemble sur des valeurs, avec la justice sociale comme boussole, elle peut faire de belles choses.

La bataille est loin d’être finie. Elle doit se prolonger à l’Assemblée nationale où cette fois aucune personne ne doit être écartée de cette amnistie, qu’elle soit militante écologiste ou associative. Cette bataille à l’issue positive peut être, par effet d’entrainement, une victoire qui en appelle d’autres. Plus que jamais l’heure est à la mobilisation.

Pierre Laurent – Sénateur, secrétaire national du PCF

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 07:31

 

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L'ancien résistant Stéphane Hessel est mort

 

Résistant, déporté, diplomate et corédacteur de la Déclaration des droits 
de l’homme Stéphane Hessel est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 95 ans. Nous vous proposons un entretien qu'il avait accordé à l'Humanité, le 31 décembre 2010 à l'occasion de la publication d'Indignez-vous !.

 


Né en 1917 à Berlin, il était arrivé enfant en France et a été naturalisé en 1937. Résistant, déporté, ambassadeur, Stéphane Hessel était notamment connu pour ses prises de position concernant les droits de l’Homme, le droit d’asile, l’accueil des migrants et le Proche-Orient. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, cet ami personnel de Pierre Mendès-France et Michel Rocard avait fait carrière dans la diplomatie, notamment aux Nations-Unies. Plus récemment, il a été membre du collège des médiateurs pour les sans-papiers en 1996. Son petit ouvrage Indignez-Vous !, défendant l'esprit de résistance, paru en 2010, a connu un retentissement mondial, traduit dans de nombreuse langues et tiré à plusieurs millions d'exemplaires.


Comment recevez-vous le succès de ce livre ? Répondait-il 
à un besoin qui sied 
à la période ?

Stéphane Hessel. J’ai été naturellement surpris et même émerveillé par le succès de ce petit pamphlet. Je l’explique par le fait que nous vivons un moment de relative angoisse, on ne voit pas bien où nous allons. Nous avons la claire conscience que nous sommes au milieu – et non pas à la fin – d’une grave crise de l’économie néolibérale sans régulation, il est donc normal de se poser des questions sur la raison des dysfonctionnements de nos sociétés. Lorsque l’on vit dans des sociétés qui fonctionnent mal, la première chose que nous avons envie de faire, c’est de nous indigner. On se souvient que, dans d’autres périodes de notre histoire, il fallait aussi s’indigner si l’on ne voulait pas subir l’occupation étrangère de la France, ou dans des situations de pénurie passive.


La dette ou l’absence de financement sert souvent d’argument à la remise en cause des conquêtes sociales de la Libération. Comment le Conseil national de la Résistance (CNR) est-il parvenu à construire ces socles dans le contexte d’une Europe ruinée ?

Stéphane Hessel. Il faut tout d’abord se souvenir que le programme du CNR a été élaboré dans la clandestinité par des gens qui n’avaient aucune capacité politique autre que la réflexion et la proposition. Grâce à cette relative liberté de réflexion, ils se sont posé le problème de savoir comment la France, une fois libérée, pourrait donner à notre pays un ensemble de valeurs et de politiques qui correspondraient à ce que les résistants souhaitaient. C’est vraiment la base d’une social-démocratie qui tienne le plus grand compte des libertés fondamentales, de la lutte contre les féodalités économiques excessives, contre une presse menée par un gouvernement de Vichy. Ces valeurs se sont-elles dégradées ? Manifestement. Et c’est la logique de l’indignation. Il n’y a pas de raison que la France de 2010 n’ait pas les moyens nécessaires car elle dispose de ressources considérables, de richesses bien plus grandes que celles de 1945. Malgré cela, les conquêtes sur lesquelles on pouvait compter n’ont pas été réalisées. Cela doit constituer les bases de la réflexion et susciter le sentiment qu’il y a à faire. Il faut d’abord s’indigner mais ne pas s’arrêter là. Il faut se poser une question : comment faire pour que les choses changent ? Nous avons besoin d’une nouvelle direction du pays, celle mise en place depuis 2007 n’est pas satisfaisante mais il faut savoir ce que l’on peut proposer d’autre. Cela vaut pour l’Europe et le monde entier. Et notamment pour les régions les plus frappées par la crise ou par des conflits… On pense naturellement aux Palestiniens, aux Sahraouis, à des peuples qui, contrairement à ce que réclame la charte des Nations unies, ne disposent pas encore d’un État et dont l’autodétermination n’est pas encore réalisée.


Vous appelez à plus de justice et de liberté mais, 
dites-vous, « pas cette liberté incontrôlée du renard dans le poulailler ». Est-ce à dire 
que sans égalité, ni fraternité, la liberté n’est rien ?

Stéphane Hessel. La liberté est à la fois l’une des données les plus fondamentales et les plus précaires. Une liberté n’a de sens que si elle assure une égalité des droits et donc une solidarité. Cela renvoie à notre belle devise qui doit se concevoir comme un tout. La liberté qui régit de plus en plus l’économie financiarisée, mise à la disposition de quelques possédants et non pas rendue compatible avec l’égalité et la fraternité, a déjà causé des dégâts considérables.


Vous évoquez le rôle 
de Sartre dans la formation de votre pensée et cette phrase : « Vous êtes responsables 
en tant qu’individus. » 
Quelle est, alors, 
la place du collectif ?

Stéphane Hessel. Les structures politiques ou économiques, qui régissent actuellement les sociétés humaines, sont en grande difficulté. Elles ne sont pas équipées pour résoudre les nouveaux problèmes qui se posent : la protection de la planète et les écarts croissants de richesses. On ne peut plus s’en remettre aux pouvoirs existants, il faut que les citoyens se mobilisent dans des organisations non gouvernementales dont les manifestations sont de plus en plus internationales, c’est le cas des grands forums sociaux. Voilà la voie à suivre pour que, collectivement, ce soient les citoyens – et non pas les structures en place – qui ouvrent le chemin d’une rénovation nécessaire du fonctionnement de l’économie mondiale.


Vous citez également Hegel, 
le sens de l’histoire et ses chocs successifs. Considérez-vous que la démocratie 
est actuellement sous le coup de régressions ?

Stéphane Hessel. Il faut se dire que la démocratie est un programme qui n’est malheureusement pas encore accompli. La Déclaration universelle des droits de l’homme dit en toutes lettres que ces droits ne peuvent être réalisés que dans le cadre de d’un régime démocratique qui doit résister à toute forme de tyrannie, de totalitarisme ou d’oppression. Il ne faut pas sous-estimer les progrès auxquels nous faisons face notamment en Amérique latine ou en Europe. C’est néanmoins insuffisant car ces démocraties ne se défendent toujours pas suffisamment contre l’emprise du capitalisme financier. C’est là-dessus que doivent porter les efforts des individus.


À propos de la rédaction 
de la Déclaration universelle des droits de l’homme, vous revenez sur l’hypocrisie de certains vainqueurs dans leur adhésion à ces valeurs. Comment cela a-t-il joué dans leur application, selon vous ?

Stéphane Hessel. La notion d’hypocrisie est importante pour voir comment les gouvernements et peut-être aussi les grandes entreprises disent tendre vers les droits et l’égalité, vers un progrès de l’économie qui bénéficierait à tous et notamment aux plus pauvres. En réalité, ils s’arrangent pour garder le pouvoir même si ce pouvoir ne répond pas aux besoins des citoyens. Elles veulent également conserver l’emprise économique même si les résultats ne bénéficient qu’à une petite élite, celle que Susan George (présidente d’honneur d’Attac – NDLR) appelle « la classe de Davos », c’est-à-dire les possédants. Nous vivons encore dans un monde où les possédants ont encore droit à tous les bénéfices et où les possédés ne savent pas suffisamment résister.


Vous concluez sur la nécessité de dépasser la confrontation des idéologies. Face aux oligarchies financières, notamment, ne faut-il pas s’appuyer sur un socle idéologique solide ?

Stéphane Hessel. Nous avons la chance d’avoir l’Organisation des Nations unies, fondée sur une charte qui affirme un certain nombre de libertés et de droits pour tous. Il faut lui donner d’avantage de force. Nous avons besoin d’une gouvernance mondiale, non pas d’un État mondial qui serait une absurdité, mais d’une coopération entre États qui se fonde sur un socle démocratique. En s’appuyant sur ses institutions, en leur donnant l’autorité nécessaire, on pourra enfin mettre un terme aux conflits et remplacer la violence par la non-violence. Face à la violence des affrontements entre États, voire entre cultures, entre religions ou civilisations différentes, entre idéologies qui se combattraient, il faut au contraire s’orienter vers la négociation pensée par des hommes comme Mandela, Martin Luther King, Gandhi ou d’autres. L’une des raisons majeures qui devraient nous amener vers la solidarité et l’interdépendance, c’est le risque que court la planète. Nous vivons une époque où si l’on ne fait pas tous ensemble un effort écologique, dans cinquante ou cent ans, la planète ne sera plus viable pour les sociétés humaines.


Entretien réalisé par Lina Sankari pour le journal l'Humanité

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 14:09

Communiqué Front de Gauche : TOUS ENSEMBLE POUR LE VOTE DE LA LOI D'AMNISTIE SOCIALE 

Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy de nombreux salariés, syndicalistes, responsables associatifs et citoyens ont été fichés, condamnés ou sont sous le coup de poursuites pénales ou administratives pour avoir participé à une action collective en faveur de l’intérêt général ou au service de revendications professionnelles et sociales. Parfois même une simple distribution de tracts a suffi à les poursuivre en justice.

Trop de sanctions injustes ont été prononcées à l’égard de militants qui par leur action citoyenne ont largement contribué à la défaite de N Sarkozy. Ceux qui mériteraient d’être sanctionnés ne sont pas à chercher parmi ces militants mais plutôt parmi ceux qui délocalisent ou licencient sans autre motif que d’accroître leurs profits et qui détruisent ainsi des milliers de vies.

 La justice, c’est d’amnistier toutes ces condamnations injustes.

L’avenir c’est de mettre fin à la criminalisation des luttes sociales.

 Tel est le sens de la proposition de loi d’Amnistie sociale déposée par les Sénatrices et les Sénateurs du groupe CRC et du Front de gauche.  Celle-ci sera examinée au Sénat le mercredi 27 février dans l’après-midi. Pas une seule voix de gauche ne doit manquer au vote de cette loi.

Le Front de gauche appelle à se mobiliser

à se rassembler pour soutenir cette proposition de loi

Il appelle à un rassemblement, en présence de syndicalistes

de responsables associatifs,

devant le Sénat mercredi 27 février à partir de 13 heures

Rendez vous au débouché de la rue de Tournon face à l’entrée du Sénat 13 H

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 12:15

 

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Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES d’Île-de-France entendent informer les salariés du danger que représente l’accord du 11 janvier dernier négocié au MEDEF :

Cet accord refusé par deux des trois grandes confédérations syndicales organise une plus grande flexibilité pour les salariés, un recul de leurs droits individuels et collectifs au bénéfice des employeurs.

La lutte contre le chômage, la défense de l’emploi, des services publics appellent une rupture avec les politiques d’austérité et de rigueur préjudiciables à l’emploi en qualité et en quantité.

Alors que le gouvernement annonce son intention de retranscrire dans la loi un mauvais accord pour les droits sociaux, les salariés doivent se mobiliser et exprimer leur désaccord en direction du gouvernement, des députés et des sénateurs.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et SOLIDAIRES d’Île-de-France appellent à créer les conditions de la mobilisation la plus large possible avec des arrêts de travail et une grande manifestation parisienne le mardi 5 mars.

Elles appellent à participer massivement à la manifestation unitaire.

Départ 14h – Place du Chatelet en direction de l’Assemblée Nationale

 

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