RENOVATION DU PONT DE SEVRES :
Un coût inacceptable pour les locataires !
Cela fait bien longtemps que les locataires du Pont de Sèvres attendent la rénovation de leur quartier. Depuis sa construction, dans les années 70, notre habitat n’a pas bénéficié d’améliorations notables malgré les hausses constantes de loyers. C’est donc avec soulagement, que nous avons accueilli le projet de rénovation lancé en 2005 et qui démarrera par la place Haute en janvier 2010.
Aujourd’hui, Paris Habitat nous présente la facture
Une hausse moyenne par m²de 18.9% pour les HLM et 13.4% pour les ILN en intégrant une hypothétique réduction de 0.18 cents/m², soit disant liée aux économies de chauffage (il ne s’agit que d’une moyenne et nous savons par expérience qu’elle peut varier à la hausse pour les HLM comme pour les ILN). Cette somme représente … un bon mois de loyer supplémentaire pour l’année !
Compte tenu du contexte économique sévère que nous subissons mais aussi de la hausse annoncée des impôts locaux de 11% pour 2010, ces augmentations amputeraient sévèrement le pouvoir d’achat des familles. Qu’adviendrait-t-il de ceux qui ne pourraient pas honorer leur loyer ?
A l’issue des visites des enquêteurs, beaucoup de locataires sont inquiets pour l’avenir. Comme nous, ils veulent la rénovation mais pas à n’importe quel prix ! Le niveau inadmissible des augmentations de loyers risque de compromettre la rénovation en incitant les locataires à ne pas valider le projet.
Les conditions de Paris Habitat ne sont pas acceptables en l’état.
Ces augmentations sont censées compenser les coûts des travaux. Pourquoi ne sont-elles pas limitées dans le temps ?
Le coût global du projet pour la place Haute serait de 17 970 000 euros, soit 39 400 euros par logement. La répartition du coût de l’investissement est la suivante : Pour les HLM : 34% Paris Habitat, 34% locataires et 32% subventions. Pour les ILN, 49 % Paris Habitat, 49% locataires et 2% subventions. Ce mode de répartition est-il justifié et équitable ? Nous n’avons aucun détail sur le montant des investissements par postes de dépenses (travaux intérieurs, travaux de façade, toitures-terrasses, travaux d’accessibilité aux personnes handicapées, sécurité incendie, etc.). Paris Habitat n’en profite-t-il pas pour intégrer dans les augmentations de loyer des travaux d’entretiens relevant de ses obligations ? (Stores, sécurité incendie etc.).
Exigeons plus de transparence et demandons un plan de financement précis, poste par poste, des travaux de réhabilitation, comme la loi le précise.
Nous pouvons mesurer, avec ces augmentations proposées par le bailleur, les effets du désengagement de l’état, dans le droit fil de la loi Boutin. Ces orientations sont votées, à l’Assemblée nationale, par le député-maire UMP de Boulogne-Billancourt, Monsieur Baguet.
Référendum ou ultimatum ?
Le 24 juin, les locataires devront se prononcer par vote sur l’ensemble du projet. Deux votes seront organisés pour les ILN et HLM. Si l’un des deux scrutins n’obtient pas une majorité de OUI, l’ensemble du projet (rénovation intérieure et extérieure) est annulé ! Par ailleurs, ce vote ne prévoit pas de quorum. Autrement dit, une toute petite minorité peut engager l’ensemble des locataires (bonjour la démocratie !).
La municipalité doit intervenir.
Avec ses 1200 logements sociaux, la cité du Pont de Sèvres, classée en Zone Urbaine Sensible, concentre à elle seule 40% du parc social de notre ville. L’explosion des loyers entraînerait inévitablement la précarisation d’un nombre élevé de familles. Comment la ville assurera-t-elle le coût social de cette opération ?
La politique de réhabilitation ne vise-t-elle pas à éloigner les familles modestes de notre commune ?
D’autre part, le projet de rénovation de notre cité est indissociablement lié à l’aménagement des terrains Renault. Une annulation pure et simple du projet de réhabilitation serait préjudiciable aux locataires mais aussi à l’image de la ville.
Nous demandons à la municipalité :
q D’intervenir auprès de Paris Habitat afin que celui-ci révise à la baisse ses tarifs. Des fonds propres et d’autres subventions peuvent être trouvées (par ex. Les fonds issus de la collecte du livret A qui représentent plus de 150 milliards d’euros et sont aujourd’hui largement détournés vers des circuits spéculatifs).
q De solliciter davantage la participation financière du Conseil Général des Hauts de Seine, département le plus riche de France.
q De s’opposer à ce que ce soit les locataires seuls qui assument le financement de dépenses dont ils ne sont aucunement responsables.
Nous demandons à Paris-Habitat :
q De revoir sa copie et d’engager une véritable négociation avec les locataires et leurs représentants afin de créer les conditions d’une véritable rénovation acceptable par tous.
Les communistes du Pont de Sèvres sont au côté des locataires pour gagner le droit à une réhabilitation de qualité, à un coût acceptable par tous et limité dans le temps.
Section PCF 18 rue Heinrich 92100 Boulogne Billancourt 01 46 21 50 16
http://boulogne-billancourt.over-blog.com
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